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Essai Peugeot 307

jeudi 12 juillet 2007, par KMan

Le véhicule testé est une 307 HDI 90ch, ayant déjà un peu vécu (280 000 km).

Le comportement routier est celui d’un diesel, c’est-à-dire assez pataud de manière générale. Certes, l’âge du véhicule (enfin surtout de ses suspensions) pénalise probablement la conduite. Mais il faut aussi que le moteur puisse faire avancer cette masse de 1,5 tonnes. Avec les 90ch du modèle testé, ceci nous fait un rapport poids/puissance supérieur à 16, ce qui est assez important. Malgré ce handicap, le comportement reste sain, et le châssis correct pour peu qu’on la conduire comme une berline, c’est-à-dire tranquillement.

Classifiée « Berline Compacte », elle tient plus de la « Berline » que « Compacte ». De part son comportement, c’est certain, mais aussi de sa taille. Chaque génération qui se succède s’allonge. L’habitabilité en est sûrement améliorée ( ? ), mais la manœuvrabilité beaucoup moins. Le diamètre de braquage de 5,05 m, de même que la visibilité (plutôt bonne), permet des manipulations à vitesse faibles assez aisées. La direction (assistée) reste assez ferme à vive allure (autoroute), ce qui la rend agréable sur de longues distances. A ce propos, le réservoir de 60 litres permet une bonne autonomie, en contrepartie alourdissant d’autant le poids dudit véhicule.

Niveau moteur, il ne faut pas en espérer trop. Malgré le confort du couple assez important disponible, particularité des diesels, la plage d’utilisation du moteur reste faible. En effet, on peut espérer des accélérations un peu plus franches entre 2000 et 4000 tpm, mais au-delà, il faudra passer le rapport supérieur. Une boite mieux étagée aurait été appréciée (allez soyons fous : une boite 6 aurait été idéale). Le couple à bas régime est important, mais les montées en puissance faiblardes. Impossible, donc, de s’extraire rapidement d’une petite rue ou de s’engager promptement dans un sens giratoire. En revanche, le point positif, est la faible consommation, comme sur la plupart des diesels. Certes, un véhicule plus léger pourrait fort probablement réduire encore cette consommation, mais la partie majoritaire du poids d’un véhicule diesel reste souvent son moteur.

La position de conduite est confortable, d’autant que je suis assez grand (1m80). Le réglage de hauteur du volant permet d’adapter l’ergonomie du poste de pilotage conduite au conducteur. Malgré leur âge, les sièges restent confortables, assez fermes, et permettent de faire 800km dans la journée sans être trop « brisé ». Les réglages des sièges avant permettent d’adapter l’assise, mais un réglage au niveau des lombaires n’aurait pas été de trop. Pour le reste, les commandes au volant sont bien placées, facilement accessibles. La colonne centrale est assez large, et les réglages faciles et intuitifs. L’aspect dépouillé est pour moi un atout, il permet d’avoir tout à portée de main (et simplement) sans devoir s’habituer à des boutons de commande multifonction.

Certains détails sont agréables :
- La possibilité de commander l’essuie glace avant de manière impultionnelle : un petit coup de commande vers le bas : un balayage, c’est fini. Toutes les voitures ne comportent pas cette position (renault…).
- Le grand vide poche avant droit (devant le passager) : on peut y glisser plein de choses, et même plus encore.
- L’isolation thermique du pare-brise est importante, ceci permet de ne pas « cuire » quand on est face au soleil, et de ne pas trouver 70 à 80°C dans le voiture après quelques heures passées au soleil (je parle de la voiture).

Comme beaucoup de voitures récentes, les 307 possèdent de nombreuses lacunes de conception, grossières, et très vite agaçantes. En voici une liste :
- commande de l’avertisseur sonore trop ferme. Qui plus est, elle est placée sur le volant, ce qui n’en fait pas une merveille d’ergonomie [1].
- il est impossible de mettre la ventilation « intérieure » en route sans avoir démarré le moteur. Une fois le moteur coupé, plus de ventilation. Vous serez donc obligé de laisser le moteur allumé lorsque vous attendez dans votre voiture sous la pluie. (Et oui, car quand il ne pleut pas, vous pouvez ouvrir les fenêtres…). Et de même, vous rentrez dans une voiture qui est restée au soleil, il vous faudra mettre de moteur en route pour faire sortir l’air « chaud » : avouez que c’est stupide. Une contrainte due à l’air conditionné ?
- l’essuie glace arrière n’est qu’intermittent, il ne peut pas fonctionner en continu. Donc quand vous prenez la voiture et que vous voulez faire une marche arrière, il faudra attendre plusieurs coups de « balai » (plusieurs dizaines de secondes) pour que la visibilité soit correcte. Astuce : mettre en marche et arrêter plusieurs fois l’essuie glace vous permet de contourner ce problème : pas très pratique.
- Je finis par le summum : l’allume-cigare. Le véhicule testé étant un modèle « de base », il ne comporte pas d’allume cigare, seulement un prise 12V (ce qui me suffit amplement). Là où le bât blesse, c’est que vous ne pouvez pas avoir un chargeur quelconque dans cette prise ET passer la marche arrière. Si vous avez un GPS alimenté de la sorte, il vous faudra le débrancher lorsque vous sortez d’une place de parking (gênant si votre GPS n’a pas de batterie). Idem pour tous les appareils dont l’alimentation ou le rechargement passent par cet appendice. Le véhicule prêté avait déjà la prise désolidarisée de la console centrale (photo bientôt), ce qui arrivera probablement si vous oubliez d’enlever le chargeur.

La firme de Montbéliard signe là une voiture homogène, confortable, que l’on pourrait qualifier de polyvalente. Accessible à toutes les physionomies, la conduite est agréable, pour peu que vous ne soyez pas trop chargés (le véhicule étant déjà lourd au départ). N’espérez pas en faire une pure citadine, cette voiture est à la croisée de la petite familiale et de la berline. Idéale pour les déplacements, les départs en vacances ou les Week-end en couple, elle n’est pas assez puissante pour être montagnarde. Son grand coffre vous permettra de faire les courses pré-dominicales, si vous êtes coutumier de cette cérémonie citadine.

Notes

[1Pour information, le klaxon sur le volant est un élément de sécurité : il est important que les passagers puissent l’actionner, en cas d’accident par exemple. Mais pourquoi les constructeurs ne font-ils pas une commande dédoublée (sur le volant + levier à gauche du volant ?

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